Tante Amina, la Lavande libano‐brésilienne…
La brume au bout de ce
sentier ne peut cacher la lumière
de cette unique lavande. Elle était là,
bien enracinée, défendant ses belles feuilles mauves de la cruauté
d’un vent barbare.
Elle souffrait mais
combattait et bien que certaines de ses belles feuilles furent
détachées, elle
ne perdit point sa volonté de vaincre
le vent, en gardant un sourire
luisant lui
donnant une force inexplicable et un charme magique. Et que dire
de
la tendresse qui coule de ses pétales vers
les racines de la Terre ? Une tendresse généreuse qui rafraichit la Terre et lui redonne la force de supporter tous les événements longs ou passagers du temps.
Elle est bien fragile
la lavande de la pureté.
Elle est
délicate mais regardez sa beauté, regardez
son charme, son
parfum, sa douceur, sa tendresse. Un rien
peut l’abimer et pourtant ses feuilles repoussent de nouveau,
bien enracinées et bien plus belles.
Et que diriez‐vous
si
je vous
raconte que
j’ai rencontré cette lavande ?
Oui, je l’ai rencontré sur le sentier de
la
vie ;
et
elle parlait, racontait
ses histoires, ses rencontres,
ses
passions.
Elle
était
plus
vivante
que
les vivants, plus heureuse
que les nouveaux mariés, plus forte que les chênes, et plus belle que le Soleil.
Que cette lavande soit un
exemple pour nous, les humains. Comme elle, nous sommes bien fragiles. Alors, ne blâmons plus la vie pour les maux qui nous
arrivent.
Ne blâmons pas la vie pour les pièges
qui nous surprennent. Ne blâmons pas la vie pour les souffles qui se coupent.
Ne perdons pas le temps à
la blâmer parce que l’oiseau
qui
apprend à voler doit échouer
aux premiers essais. Alors arrêtons de blâmer la vie, arrêtons
d’attendre
«
que les portes s’ouvrent
», et
soyons comme cette lavande,
forts même
si fragiles, et sortons de l’obscurité vers
les rayons vifs du Soleil car l’aurore d’un nouveau jour a déjà commencé.
L’aurore d’un nouveau jour a déjà commencé pour toi, tante Amina !
Dina Hajjar
Le 22 septembre 2009

